universités régionales

Publié le par Damien

 

Un groupe d'étudiants  auto-proclamé "commune de rennes 2" diffuse à tour de bras de l'information sur un referendum pour une "université populaire et démocratique". Ce referendum doit avoir lieu les 6,7 et 8 mars dans le hall B, bien que la procédure soit dénoncée par l'adminsitration de Rennes2. Des membres de ce groupe ont investi à deux reprises mercredi et jeudi soir dernier le bâtiment de la Présidence et à chaque fois en ont été délogés par les forces de l'ordre.Une porte a été fracturée. Quatre personnes (deux vice-présidents et deux salariés , d'après Ouest-France (3-4 mars 2007), ont été agressées.

Une délégation de la "commune de Rennes" est venue ce matin dans l'amphi où je donnais un cours pour présenter aux étudiants un message de protestation contre "les violences policières" et une invitation à participer à ce refendum. Plusieurs cours ont ainsi été visités et  ces interruptions peuvent encore se poursuivre encore toute la semaine. Comme l'exposé des revendications de ces étudiants traînait en longueur, j'ai dû couper court. A l'heure qu'il est, je serais peut-être encore en train d'écouter vitupérer la "dérive libérale" des universités, si je n'avais autoritairement repris la parole pour faire mon cours.

La constitution des PRES régionaux  est particulièrement dans la ligne de mire de ce groupe d'étudiants radicaux. Les instances des Pôles Régionaux de l'Enseignement Supérieur tentent en effet de resserrer les liens entre études et monde du travail, ce qui aux yeux de certains suffit à parler de privatisation de l'université. J'ai contre-argumenté en faveur de ces PRES en mettant en avant la mutualisation des compétences, des ressources (fédérations d'identités) et des moyens.

En tant que personnel, si je reconnais que certains enseignements doivent demeurer indépendants des institutions et des entreprises (il existe bien une école anti-utilitariste de la sociologie), j'estime que l'université a le devoir de suivre avec attention l'évolution de l'offre en matière d'emplois. L'université en effet n'a pas vocation à garder les étudiants à l'abri du chômage pendant quelques années, mais à leur proposer en plus d'enseignements comportant une dimension réflexive et critique (sociologie de Mauss, par exemple) des enseignements qualifiants en vue de les préparer au monde du travail (la sociologie peut aussi servir à orienter localement les politiques publiques).

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