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  • : "Il dressa une liste des choses les plus incongrues : amour, poésie, tremblement de terre, feu, serpents à sonnettes, arc-en-ciels, pierres précieuses, montres, coucher de soleil, lion rugissant, électricité, cannibalisme, beauté, meurtre, poulie et tabac ; il jubilait quand il parvenait à les apparenter entre elles. Il unifiait ainsi l'univers et le contemplait" (Jack London)
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Mercredi 11 mars 2009 3 11 /03 /Mars /2009 07:19
Sans me consulter, Over-blog place régulièrement des messages publicitaires en-tête de mon blog. Cela justifie pleinement mon choix de passer sous wordpress !
Par Damien - Publié dans : goulmig
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Dimanche 14 décembre 2008 7 14 /12 /Déc /2008 09:53
thème du blog sous Wordpress

Afin de marquer les deux ans d'existence du blog GoulmiG, j'ai décidé de poursuivre sa rédaction sur une plate-forme que je juge plus adaptée à mes besoins, worpress.
GoulmiG sera désormais disponible à cette adresse : http://goulmig.wordpress.com

Les catégories seront modifiées à la marge (suppression de certaines comme "Bretagne" et "réponses aux visiteurs" sous-utilisées, ajout d'autres catégories.

Les titres seront désormais plus informatifs que métaphoriques (pour un meilleur référencement)

Des étiquettes seront affectées à chaque article

L'ambition de GoulmiG reste la même : il s'agit d'un carnet de notes ouvert aux internautes. On y parle de tout en essayant de faire des liens entre des oeuvres hétérogènes et des phénomènes disparates.
GoulmiG est un blog sentimental (ou ressentimental) ET analytique ; il s'agit de rester fidèle à la parole de Maria Zambrano : Penser, c'est avant tout déchiffrer ce que l'on ressent.

Sous Worpress, GoulmiG pourra s'ouvrir à d'autres contributeurs, s'ils sont d'accord avec la ligne éditoriale esquissée ci-dessus. N'hésitez pas à me solliciter pour devenir contributeur...

A bientôt

Damien
Par Damien
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Dimanche 30 novembre 2008 7 30 /11 /Nov /2008 12:06


1. Le sang de l'artiste


Orgies de sang, automutilations, humiliation du corps humain, une partie de l'oeuvre des actionnistes viennois, et en particulier les travaux d'Hermann Nitsch heurtent ma sensibilité de deux manières : en tant que performances  artistiques, ces oeuvres me semblent manquer de subtilité (très peu de symbolisation), en tant que revendication politique, il ne constitue pas une voie tenable ; car si cet art veut manifester que l'homme vit dans l'abjection, il l'y enferme au lieu de lui donner les moyens d'en sortir.

Il ne s'agit pas évidemment de revenir à Jdanov et au tractoriste et à la kolkhozienne, mais on peut se demander quel potentiel révolutionnaire habite un corps qui se vide de son sang, un homme qui exerce sur lui-même la violence que lui inspire les conditions de la vie moderne.

Pourtant cet art reproduit certainement une ancienne fonction disparue en Occident avec l'avènement du Christianisme.

Les actionnistes viennois, en empruntant certaines formes d'expression aux liturgies païennes (Mithraïques, chamaniques) essaient probablement de revenir à un temps où le fait de se saigner était un fait social total (Mauss), où l'art ne s'était pas encore émancipé de la religion.

Or, l'actionnisme ne parvient pas à reconstituer cet univers ; l'esprit qui le rendait possible et faisait de chaque spectateur un fidèle, ne plane plus sur nous. Les "stigmates" et la musique religieuse ne sont plus à même de nous faire assimiler ces effusions à des scènes liturgiques. L'actionnisme contemporain appartient à son corps défendant à l'art médiatique du XXIème siècle et les rivières de sang qui coulent de ces blessures sont aussi bien des rivières d'argent, il n'en reste pas moins un phénomène très intéressant à étudier pour les sociologues de l'art.



2. usage politique du corps

Le cinéaste Steve McQueen raconte que lorsqu'il était enfant, il ne comprenait pas pourquoi un homme incarcéré devait cesser de manger pour qu'on prenne en considération ce qu'il avait à dire. Vingt-neuf ans après la mort de Bobby Sands en prison des suites d'une grève de la faim, McQueen consacre un film au militant irlandais dans lequel il pose le problème de l'usage politique du corps :


"la conception du corps comme champ de bataille politique est une notion des plus actuelles. C'est l'acte de désespoir ultime, car le corps humain est la dernière ressource de contestation" (Télé Obs, du 29 novembre au 5 décembre, propos recueillis par Marie-Elisabeth Rouchy)




Par Damien
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Samedi 29 novembre 2008 6 29 /11 /Nov /2008 17:41

D'après l'économiste-philosophe Nassim Nicholas Taleb, un cygne noir est un événement que personne n'avait prévu mais pour lequel abondent les explications a posteriori, ce qui rend la  surprise produite d'autant plus paradoxale.

Ce concept fait référence à l'étonnement qui a saisi les ornithologues qui au XVIIIème ont découvert en Australie qu'il existait des cygnes au plumage sombre. A priori, seule une conception limitée du monde peut nous conduire à penser que les cygnes noirs ne peuvent exister, mais il n'existe aucun obstacle rationnel à considérer que tous les cygnes ne sont pas forcément blancs. Nous nous concentrons toujours sur un savoir acquis pour prévoir le futur, et ce faisant nous nous rendons aveugles à des faits sur lesquels nous n'avons pas de savoir construit mais qui peuvent nous mettre sur la piste de révolutions à venir


Le cygne noir est un concept qui opère non seulement à l'échelle de nos vies individuelles mais également dans l'analyse des cycles économiques, et c'est en recourant à cette notion que cet ancien diplômé de Wharton analyse la crise financière actuelle.


Il existe une catégorie de cygnes noirs ("les cygnes gris") qui n'agissent pas pour nous comme des révélations. L'étonnement progresse à mesure que le phénomène se produit. C'est le cas de certaines fractures historiques. Nassim Nicholas Taleb illustre son propos en mentionnant comme exemple la révolution numérique.


C'est également le propos de Gérard Berry, dans sa leçon inaugurale au collège de France : chaque fois qu'une nouvelle innovation technologique est  aujourd'hui lancée sur le marché, elle suscite un étonnement qui devrait justement nous étonner. Or depuis qu'on a posé les bases du calcul numérique par des machines toutes les innovations qui en ont découlé étaient entièrement prévisibles (pour peu qu'on garde un oeil sur les évolutions sociologiques en cours).


Contrairement à la proposition de Taleb, Berry avance qu'un savoir de base (qu'il appelle la culture ou le bon sens numérique) peut nous aider à prévoir les évolutions en cours dans l'informatique et à ne pas nous laisser surprendre.

Seul ce bon sens; explique t-il, nous préserve de voir dans les multiples services web qui s'ouvrent tous les jours une profusion de phénomènes épars et sans lien les uns avec les autres. Le principe de base de ce cygne gris n'est pourtant pas plus compliqué que cela : texte, image, son, machine = 101001001



Par Damien - Publié dans : philosophie
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Dimanche 23 novembre 2008 7 23 /11 /Nov /2008 09:15


"he stole from the rich and he gave to the poor", la chanson de Jesse James interprêtée par Nick Cave dans le film d'Andrew Dominik.



Jesse James, Mesrine... les biopics de gangsters ont ceci d'intéressant qu'ils nous obligent à nous poser la question suivante : dans le destin de ces deux hors-la-loi, qu'est-ce qui nous intéresse à ce point ? Bien sûr, on pourrait mentionner le plaisir spécifiquement tragique de savoir la fin avant d'avoir vu le début. Les scènes d'assassinat de l'un et l'autre (Porte de Clignancourt au volant d'une voiture ou dans une chaumière du Missouri en train d'épousseter un tableau), tout cela est largement connu. Nous fait aussi rêver -nous qui jusqu'à notre retraite serons "esclaves de notre réveil matin" (Mesrine)- la vie débridée, "affranchie" de toute règle commune que mènent les gangsters qui sont à leur compte. (Au contraire, le milieu de la mafia est saturé de traditions en tout genre et laisse peu de place à la mégalomanie. Les deux jeunes protagonistes de Gomorra en font la mortelle expérience).

Jesse James et Mesrine ont tous les deux rêvé d'une vie sans contrainte. Le second fut certainement mégalomaniaque, et le film qui met en scène le premier "The assassination of Jesse James by the coward Robert Ford" nous le montre en proie à une étrange mélancolie. Tous leurs actes semblent dictés par une problématique personnelle que Mesrine a appelé "l'instinct de mort". Pourtant les analyses sociologiques n'ont pas manqué pour tenter d'expliquer le fait que l'un et l'autre ait basculé dans la criminalité. Ces deux gangsters ont tous les deux perdu une guerre : Mesrine, l'Algérie, Jesse James, la guerre de sécession. Dans les deux cas, le futur bandit a trempé dans les pires exactions (exécutions sommaires de résistants algériens, massacres de civils au côté du redoutable Quantrill)

Du temps de leur vivant, ces deux gangsters sont devenus des "légendes" paradoxales : on les admire et on les craint ; on voudrait les voir morts et en même temps, on souhaite qu'ils continuent à déconsidérer la justice (Jesse James tient en échec les Pinkerton lancés à ses trousses, et Mesrine tient en joue toute une cour de justice)


Cela explique que le soulagement qui a suivi l'annonce de leur mort ait été suivi de débats et de polémiques sur les circonstances de leur assassinat. Dans un cas, on accuse les forces de l'ordre d'avoir tiré sans sommation (ce qui est sans doute le cas), dans l'autre, l'assassin d'abord admiré par tous pour son courage, voit rapidement son étoile ternie à mesure que celle de sa victime monte au firmament des "légendes de l'Ouest". Cette haine ira jusqu'au meurtre, puisque Robert Ford, l'assassin de Jesse James sera à son tour abattu dans son propre bar.


A l'un comme à l'autre, on a prêté la volonté de subvertir le système, alors que leurs actes laissent très peu de place à une telle interprétation. Jesse James est devenu dans l'imaginaire populaire une sorte de Robin des bois "volant les riches pour donner aux pauvres", comme le dit la chanson qui commémore son assassinat ; la cavale de Mesrine ponctuée de braquage de banques et de casino ont intéressé un temps les milieux de la gauche radicale.


L'entretien que Mesrine a accordé à une journaliste de Paris-Match manifeste une tonalité de plus en plus politique. Mesrine y mentionne la bande à Baader, les camps de réfugiés palestiniens ; il attaque l'institution judiciaire en tant que telle, dans un temps où d'autres parlaient de la "déconstruire". Mesrine avait compris quel bénéfice symbolique il pouvait attendre pour son image personnelle de telles références en un temps où la droite détenait le pouvoir réel et la gauche le pouvoir médiatique.


A certaines époques troublées ou pré-révolutionnaires, on ne peut pas échanger des tirs avec les autorités sans se faire considérer comme un redresseur de torts. C'est pourquoi la popularité paradoxale de Jesse James et celle de Mesrine nous en disent long sur le climat social de ces deux époques très différentes.



Par Damien - Publié dans : cinéma
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