Damien Belvèze

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  • : "Il dressa une liste des choses les plus incongrues : amour, poésie, tremblement de terre, feu, serpents à sonnettes, arc-en-ciels, pierres précieuses, montres, coucher de soleil, lion rugissant, électricité, cannibalisme, beauté, meurtre, poulie et tabac ; il jubilait quand il parvenait à les apparenter entre elles. Il unifiait ainsi l'univers et le contemplait" (Jack London)
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Mercredi 13 août 2008

Cet avis a été donné à notre départ de Cherbourg : vent de Sud Ouest force 6 à 7 beaufort avec rafales à 8. Il reste valide aujourd'hui, c'est pourquoi Jean-Paul Declerk et moi-même avons décidé, après avoir galéré par mer forte hier, de ne pas reprendre la mer aujourd'hui.
Nous sommes partis de Cherbourg avec un génois seulement que nous avons du réduire au fur et à mesure que nous passions le cap du Cotentin. Le vent a forci et nous avons décidé de faire route vers le port le plus proche ; Barfleur dépassé, restait Saint Vaast la Hougue. Malheureusement, nous sommes arrivés dans les parages de Saint Vaast la Hougue après la fermeture de l'écluse. Il a fallu tirer des bords et parfois se mettre à la cape pendant cinq longues heures de la bouée Ouest de Quineville jusqu'aux bouées d'approche de Saint Vaast.
Le mouillage indiqué au Sud du fort du Tatihou sur les Instructions Nautiques étant impraticable avec un vent fort soufflant Sud-Ouest, nous avons du rester en mouvement nous relayant à la barre à tour de rôle. 
Nous avons essuyé des grains successifs (dont un orageux) qui nous ont pas mal éprouvés. 
Lors d'une de ces rafales, le bateau ne semblait plus tenir la cape. Alerté par le roulis, je suis remonté dans le cockpit où j'ai vu Jean-Paul qui venait de tomber de son banc. Derrière lui, la mer avait un aspect très désagréable : on aurait dit qu'une poussière d'écume la parcourait à toute vitesse comme du sable sur une plage exposée par grand vent. Tout était gris. Nous avons donné notre position au Cross Jobourg et avons demandé un bilan météo. 
Par la suite, le CROSS par l'intérmédiaire du port de Saint Vaast s'est enquis à plusieurs reprises de notre situation. Nous n'étions pas en difficulté, quoique pas assez manoeuvrants ni au moteur, ni à la voile. Heureusement, nous n'étions pas trop proches de la côte. Je suis allé à l'avant en suivant la ligne de vie pour démêler les écoutes de foc et nous avons pu repartir avec assez de toile pour faire un tourmentin en attendant que le grain passe.
Je n'étais pas fâché hier soir d'être arrivé à bon port. 

par Damien publié dans : Voile et navigation
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Lundi 11 août 2008

Eole est avec nous. Depuis notre départ, il nous envoie un vent toujours favorable (W-SW) et puissant sans être assommant (de 4 à 6 beaufort)
Nous sommes arrivés à Guernesey à la tombée de la nuit, et nous avons stationné une demie-heure à Saint Peter avant que les employés du port en zodiac ne nous fasse passer en bon ordre avec les autres touristes le seuil du port.
Ce soir-là, en ma baladant dans les rues de Saint Peter, je suis tombé sur deux types qui en passaient un autre à tabac. J'ai crié pour avertir les flics que j'avais croisés un peu plus haut dans la rue. Les agresseurs se sont enfuis, les flics ne sont pas arrivés mais d'autres gars sont venus pour m'aider à lui porter assistance. Son visage était en sang, il n'a pas voulu donner d'explication.
Le soir suivant, nous faisons trois pubs avec Jean-Paul. Partout, on voit le même spectacle : des filles habillées comme des professionnelles : les jupes ne sauraient être plus courtes, les cheveux plus décolorés, les sacs à mains plus brillants ni plus ridicules. Je discute avec l'une d'elle qui est avocate dans les affaires a un mari et deux enfants.
Le lendemain, nous repartons à l'ouverture du port, à 12h30 exactement, de sorte à passer le raz Blanchard avec un courant favorable. En mortes eaux, on peut avoir jusqu'à 4,4 noeuds avec ou contre nous.
Nous partons avec un seul ris. cap 50°. Le courant est avec nous et nous fait peu dériver. Je fais trois fois le point avec mon compas de visée pour ne pas perdre la main. Au niveau d'Alderney, je réalise un point parfait (pas un triangle sur la carte, mais un point) et je crie victoire. Au même moment où presque une grande vague, fait surfer le bateau ; Jean-Paul qui avait l'oeil sur le loch crie à son tour : 14 noeuds ! Le sherrycan n'avait jamais réalisé un tel record ! En surface, au niveau de la Hague, nous faisons encore facilement du 11 noeuds de fonds, avant que le courant ne s'oriente plus au nord.
Nous cinglons entre les deux rades de Cherbourg avec une GV arisée deux fois et un génois gonflé à bloc.
Nous sommes au ponton à 18h30.

par Damien publié dans : Voile et navigation
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Jeudi 7 août 2008
départ à Brest à 10 h le 6 août - arrivée à l'aber Wrach à 18h00.
Départ aujourd'hui de l'aber wrac'h à 6h15 pour prendre le courant dans le bon sens.
Notre objectif était Roscoff, mais le vent nous a permis d'atteindre Trébeurden.
Très bonne navigation par vent très favorable (S-W) allure moyenne de 7 noeuds surface.
avons perdu deux lattes, le reste est OK
demain arrivée à Port-Blanc ou Paimpol. Après-demain Guernesey.
par Damien
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Mardi 5 août 2008

Les deux premiers jours de navigation sur le trajet qui doit m'amener de Port-la-Forêt en Zélande (Pays-Bas).
Partis de Port-la-Forêt avec une petite houle de face, nous avons vaincu les premières nausées et sommes arrivés tranquillement en fin d'après-midi dans le Port d'Audierne accessible seulement 2 heures avant la PM et une heure après.
Cette dernière contrainte a nécessité que nous quittions le port le lendemain à 7h00 et que nous finissions notre nuit au mouillage du côté de Saint Estève (pointe de Kervily) en attendant que la mer soit étale pour passer deux heures après la Pointe du Raz. cap au 30°, par grand largue dans une purée de poix qui nous empêchait de distinguer les bouées et les récifs à un demi-mille. Sans la carte GPS, nous n'aurions jamais osé le faire.
Arrivée à Brest (port du Moulin Blanc) à 18h00. 
Puis deux jours de relâche pendant lesquels, le skipper de mon bateau, Jean-Paul Declerk, va visiter sa famille à Plougastel Daoulas, pendant que moi je vais retrouver des amis à Douarnenez.
Très belle expo sur Géo Fourrier dans la salle des Fêtes de Douarnenez. 
retour à Quimper (auberge de jeunesse) où je passe la soirée en compagnie de Daniel, un gars de Québec, qui voyage en Europe avant de prendre son premier job en décembre. 
Je retourne au bateau cet après-midi. Nous appareillons demain matin, pour l'Aber Wrac'h, si le temps s'y prête.


  

par Damien publié dans : Voile et navigation
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Lundi 28 juillet 2008

bande annonce du film "Valse avec Bachir" de l'israëlien Ari Folman


Merci, Géronimo, pour ces deux commentaires.


Voici ma réponse : Autant les sites et les articles de journaux qui parlent de la censure exercée contre le film Persépolis par le Président de la Sûreté Générale libanais « pour ne pas jeter de l’huile sur le feu » ne manquent pas, autant je ne trouve rien dans la presse francophone ni anglophone (sondée avec la base de données Factiva) sur l’interdiction de Valse avec Béchir au Liban. Peux-tu me dire d'où tu tiens cette information ? Merci d'avance. La décision de censurer ce film serait particulièrement absurde compte tenu du fait que -en dehors de la culpabilité des soldats israëliens à l'égard de ce qui s'est passé à Sabra et Chatilah, Valse avec Béchir est et se veut un film qui transcende la politique et les partis et montre la guerre dans sa crudité et son absurdité.


A l’occasion de mon article, tu demandes pourquoi l’Occident (moi même compris) se focalise sur l'Iran. La réponse, -tu dois t’en douter- tient à la question du nucléaire iranien qui préoccupe l’Europe et les Etats-Unis (encore plus par les temps qui courent les Etats-Unis car les candidats à la Maison Blanche devront se démarquer sur la question iranienne).


C'est vrai que mon intérêt pour ce pays est aussi motivé par le contexte culturel dans lequel nous sommes en France. Ici, nous sentons qu’il y a à Téhéran et à Shiraz une intelligentsia mûre pour la "vraie" révolution démocratique. De plus la diaspora iranienne est très active pour atticrer l'attention de l'occident sur le fait que les choses ne peuvent plus durer telles qu'elles sont ( Chadortt Djavan, l'auteure de Bas les voiles ! lors de la commission Stasi sur le port du foulard islamique, puis plus récemment Shirin Ebadi depuis qu'elle est lauréate d'un Nobel ont une forte audience dans notre pays).

Enfin, le cinéma iranien est prolifique et relativement bien connu en France (Samira Makhmalbaf, Abbas Kiarostami. De ce dernier, j'ai vu "Où est la maison de mon ami ?", film projeté dans le cadre de "Lycéens au cinéma" et Ten qui a -comme on dit- suscité l'événement à sa sortie au Festival de Cannes, à cause de sa facture originale et d'une scène célèbre où une femme enlève symboliquement son voile, cf ici).

En Arabie Saoudite, on ne sent pas cette volonté réformatrice de la part des intellectuels. Du moins, rien de ce type ne parvient jusqu'en Occident par la médiation des expatriés ou du cinéma. Dans ma vie de cinéphile, j'ai vu beaucoup de films égyptiens, des films libanais, algériens, palestiniens, afghans même, mais de films en provenance d'Arabie Saoudite, jamais. C’est comme si le royaume Saoudien s’était rendormi dans son sommeil séculaire après la brève cavalcade de Laurence d’Arabie.


Moi, ce qui me fascine dans l'histoire de ce pays, c'est la transition démocratique manquée de 1978-1979. Pendant trois mois, les iraniens qui avaient renversé le Shah au prix de nombreuses vies ont pu respirer un air de liberté, avant que cette révolution ne soit confisquée au cours d’un étrange tour de passe-passe par les fondamentalistes religieux.

La révolution de 1979 qui fut un échec pour l'accession aux libertés démocratiques et au réalisme économique figure en bonne place dans mon "hantologie" personnelle parmi les autres révolutions avortées des années 70.

La déception qui a saisi beaucoup d’observateurs politiques de cette époque mouvementée était doublée plus récemment, en 1997, par l’échec de la politique réformatrice de Khatami. Cette fois, j’étais assez âgé pour ressentir moi-même l’importance de ce rendez-vous manqué avec la démocratie.


Par ailleurs, depuis que j’ai découvert, il y a plusieurs années la poésie persane en lisant les quatrains d’Omar Khayyam et les gâzals d’Hafez, je place ce pays assez haut dans mon imaginaire géographique.

par Damien publié dans : réponses aux visiteurs
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